Visite du chantier du Grand Egyptian Museum (GEM) - CEDEJ/UFE

Les chercheurs du pôle « ville et développement durable » du CEDEJ et le Département d’Architecture de l’Université Française d’Egypte (30 étudiants, 4 enseignants et 2 professeurs invités de l’INSA Strasbourg) ont été accueillis, le 11 novembre 2014, sur le chantier du Grand Egyptian Museum à Gizeh. Sviatoslav Malko, V.I. au service immobilier de l’ambassade de France en Egypte s’est joint à la visite. Ils ont été reçus par le Dr. Omar al-Baghdadi, coordinateur de projet pour le groupe Hill-EHAF Joint Venture, maître d’œuvre de la construction du futur musée. Sa mission est le pilotage et la coordination du chantier, permettant le respect de la qualité et des délais, malgré le nombre très important d’entreprises présentes sur le chantier (plus de 140) représentant environ 4000 ouvriers aux moments majeurs de la construction.

Le Projet du GEM

Un musée d’ambition mondiale en face d’un site exceptionnel

Localisé à 2km du plateau de Gizeh, en face des pyramides, le GEM, conçu par le cabinet d’architecture Heneghan/Peng souhaite tirer parti de sa localisation privilégiée pour devenir un complexe d’envergure internationale, inscrit dans le « top 5 » des musées mondiaux. Il comprendra un musée à destination du grand public (centré sur l’histoire antique de l’Egypte), un centre de conservation et de documentation à l’usage des égyptologues et des chercheurs, mais aussi une salle de conférence, un grand parc, des magasins, des cafés et des restaurants.

JPEG Cette ambition mondiale se traduit en termes :
-  de dimension du site – terrain de 470 000 m² dont 93 050 m² de zone d’exposition.
-  de la quantité et de la qualité des pièces qui y seront exposées – plus de 100 000 pièces, dont la statue de Ramsès II et le sarcophage de Tout Ankh Amon.
-  du nombre de visiteurs attendus – le gouvernement égyptien estime le nombre de visiteurs entre 5 et 8 millions par an.

L’attention portée à la qualité architecturale du lieu ainsi qu’au respect des normes internationales dans la conception du bâtiment, notamment en termes d’accessibilité, témoigne également du souhait de reconnaissance internationale. La présence du plateau de Gizeh dans le prolongement du GEM a en effet été déterminante dans la conception du site et le design du bâtiment qui offrira ainsi une vue exceptionnelle sur les pyramides. Le parti architectural retenu s’en inspire pour proposer un musée construit sur plusieurs niveaux. Le bâtiment, qui s’appuie sur le relief naturel du site, se structure et s’élève graduellement autour d’un escalier central et de rampes d’accès, qui constituent un autre élément d’identification du futur musée.

Les étapes clés du développement du projet :

-  Janvier 2002 : concours d’architecture sous l’égide de l’Union internationale des architectes
-  Novembre 2003 : conception du projet adjugée à l’équipe gagnante
-  Mai 2005 : début de la construction de la phase I (travaux préparatoires)
-  Juillet 2006 : début de la construction de la phase II (Conservation Center)
-  Septembre 2008 : appel d’offre et élaboration des contrats
-  5 mars 2012 : date de début des travaux

Des problèmes de financement qui perturbent le calendrier du projet

Le projet du GEM est à 65% financé par des prêts japonais via l’agence de coopération du pays, la JICA. Initialement estimé à 600 millions de dollars, le budget global du projet est maintenant estimé à 1 milliard tandis que seule la moitié est garantie à ce jour. Dans une conférence de presse en juillet 2014, le ministre des Antiquités, Monsieur Mamdouh al-Damaty, avait ainsi annoncé que la phase III du GEM (construction du bâtiment principal du musée) estimée à 3,5 millions de dollars avait été suspendue par manque de revenus de son ministère et de celui du tourisme. D’après le calendrier du projet, le nouveau musée devait ouvrir ses portes en août 2015, mais l’inauguration a été reportée sine die à septembre 2017, sous condition de réunir les fonds manquants le plus rapidement possible.

Le GEM constitue le plus grand chantier d’architecture contemporaine en Egypte depuis la Bibliotheca Alexandrina, inaugurée en 2002 pour un coût de 220 millions USD. Il s’inscrit par ailleurs dans une politique patrimoniale plus globale de l’Etat égyptien qui a simultanément lancé 2 autres projets : un nouveau musée de la civilisation égyptienne, dont l’ouverture partielle et progressive commence cette année, et un plan de réhabilitation urbaine pour le centre historique du Caire.

Le projet dans son contexte urbain

Un site à la marge de la ville, mais bien connecté

Localisé à la périphérie occidentale du Caire, le chantier du GEM bénéficie d’un espace conséquent pour se développer. Bien qu’à la marge, le site reste cependant bien connecté au reste de la ville par la route du Fayoum, Alexandria Desert Road, le ring road et la rue al-Haram. L’aménagement d’autres voies d’accès est également envisagé. Des parkings pour les voitures individuelles au sein du site, ainsi qu’un parking pour les bus de touristes, en dehors du site, sont prévus.

JPEG

La ligne 4 du métro prévue d’ici 2020 (6 Octobre-New Cairo), également financée par des prêts de la JICA, devrait augmenter la connectivité du site grâce à deux nouvelles stations. Monsieur al-Baghdadi nous a expliqué que des négociations avaient ainsi eu lieu avec la National Authority for Tunnels pour que la bouche du métro émerge en face de la porte principale du GEM en échange de terrains permettant à cette dernière de prévoir des quais plus conséquents pour répondre au flux de passagers important que génèrera le site (prévision : 250 000 passagers par jour).

La connexion GEM-pyramides : absence de solutions convaincantes

Par sa localisation et son architecture, la conception du GEM est fortement liée au plateau de Gizeh et à ses pyramides, or il n’y a actuellement pas de connexion prévue entre les deux sites, ce qui est problématique. Des solutions sont à l’étude, mais restent peu convaincantes. Par exemple, la réalisation d’un téléphérique ou la couverture de la route du Fayoum (2 fois 3 voies actuellement) pour permettre un accès piétonnier. Cette voie de circulation constitue aujourd’hui une fracture importante entre le chantier du musée et le plateau des pyramides.

Dr Omar al-Baghdadi et les étudiants de l'UFE - JPEG
JPEG
JPEG

Dernière modification : 27/11/2014

Haut de page