Trois questions à Béatrix Midant-Reynes, directrice de l’IFAO de 2010 à 2015

« L’avenir de l’archéologie en Égypte est aux mains des Égyptiens eux-mêmes, qui devront alors pratiquer une archéologie qui correspond aux standards actuels exigés par la discipline. »

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Quels sont tes meilleurs souvenirs de cinq ans de direction à l’Ifao ?

Il est difficile d’isoler des souvenirs d’une période aussi riche et dense. Elle forme un tout où les inquiétudes se sont mêlées aux joies, où les déceptions ont été balancées par les réussites. Mon action s’est surtout centrée sur la volonté de donner aux jeunes générations, qu’elles soient françaises, égyptiennes ou d’ailleurs, les moyens de s’exprimer, de développer leurs compétences et leurs talents, et ainsi de contribuer à leur succès professionnel.

Quels sont pour toi les principaux enjeux de la recherche en archéologie et en histoire de l’Égypte ?

La réponse est en partie dans la précédente. Les enjeux sont énormes. L’avenir de l’archéologie en Égypte est aux mains des Égyptiens eux-mêmes, qui devront alors pratiquer une archéologie qui correspond aux standards actuels exigés par la discipline. Notre rôle, et c’est celui de tous les instituts étrangers dans ce pays, est de les y aider. Toute la question est de trouver alors un lieu de compréhension mutuelle. Ce n’est pas une mince affaire, mais c’est un noble objectif.

Comment abordes-tu la retraite ?

C’est une question très personnelle à laquelle on peut répondre de bien des façons, et surtout en fanfaronnant. Disons : à la fois apaisée et inquiète. On le sait, dans le métier de chercheur, il n’y a pas vraiment de retraite : les chantiers continuent, les publications que j’ai dû mettre en suspens durant ces dernières cinq années m’attendent. J’ai à présent du temps à leur consacrer, et c’est un merveilleux sentiment d’apaisement. Mais le temps, justement, ne m’appartient plus. C’est la raison pour laquelle j’ai tant misé sur les jeunes générations.

Dernière modification : 15/07/2015

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