Questions à Stéphane BRENA, directeur de l’IDAI [ar]

L’Institut du Droit des Affaires Internationales (IDAI) est la filière délocalisée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, fruit d’un accord de coopération conclu avec l’Université du Caire et soutenu par l’Institut Français d’Egypte et l’Ambassade de France en Egypte. Nous avons posé quelques questions au directeur de l’IDAI, M. Stéphane BRENA.

1. Pourriez-vous revenir sur votre parcours avant votre arrivée au Caire ?

Mon parcours jusqu’à mon arrivée à l’IDAI est celui, tout à fait classique, d’un enseignant-chercheur. A l’issue d’un DEA (Master 2 recherche aujourd’hui) de droit des contrats d’affaires à l’Université Montpellier 1, après un passage à Toulon et à Nice, j’ai entrepris la réalisation d’une thèse de doctorat en droit privé (sur le thème des Recours en contribution), tout en assurant des travaux dirigés d’abord en qualité de moniteur, puis d’attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à Montpellier 1.
Soutenue en décembre 2005, cette thèse m’a permis d’obtenir la qualification aux fonctions de maître de conférences en droit privé puis un recrutement à Montpellier, où j’ai exercé jusqu’en 2012.
Aux côtés de mes enseignements en droit civil et en droit des affaires, mes activités de recherche se sont principalement développées -et se poursuivent d’ailleurs- dans les domaines des agents d’affaires, des contrats spéciaux et des entreprises en difficulté au sein du Centre du droit de l’entreprise de Montpellier.

2. Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’idée de venir en Egypte exercer la fonction de directeur de l’IDAI et y enseigner le droit ?

J’ai découvert l’existence de l’IDAI en 2009, grâce au Professeur Didier Ferrier, année au cours de laquelle j’y suis intervenu en tant qu’enseignant-invité. A l’automne 2011 et au printemps 2012, l’occasion s’est présentée à nouveau d’enseigner à l’IDAI, cette fois-ci à l’invitation du Professeur Philippe Neau-Leduc, responsable du programme de l’IDAI pour l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. A chacune de ces occasions, au-delà de la découverte la possibilité de poursuivre au Caire des études supérieures au sein d’une des universités française les plus prestigieuses -ce sont près de 50 professeurs invités qui interviennent chaque année à l’IDAI !-, j’ai été frappé par le niveau juridique, linguistique et culturel des étudiants cairotes ainsi que par leur implication et leur motivation.
Aussi, lorsque l’opportunité s’est présentée de prendre la direction locale de cet Institut tout en continuant à y assurer des enseignements (introduction au droit, droit des obligations, méthodologie contractuelle...), en étroite collaboration avec le Professeur Neau-Leduc, je n’ai pas longtemps hésité. Et cette expérience, débutée en septembre 2012, ne me fait en rien regretter ce choix ! Cela est d’autant plus vrai qu’aux activités d’enseignement, qui sont au coeur de l’activité de l’IDAI, ont pu progressivement être ajoutées des activités de recherche avec le lancement cette année de thèses de doctorats et la publication semestrielle d’une revue à caractère scientifique, la Revue de l’IDAI.

3. Aujourd’hui, quelle place occupe selon vous l’IDAI dans le paysage juridique égyptien ? Qu’est-ce qui fait sa grande spécificité ?

La place de l’IDAI en Egypte procède de sa spécificité ; je commencerai donc par ce second aspect.
La grande originalité de l’IDAI est que l’Institut offre à ses étudiants la possibilité de suivre le cursus de Licence en droit puis de Master en droit international et européen des affaires, tel que proposé en France par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Nos étudiants sont inscrits à l’Université Paris 1 et en obtiennent, sans réserve, les diplômes. Dans le même temps, et moyennant le suivi de deux matières égyptiennes enseignées en arabe, les étudiants de l’IDAI obtiennent, en même temps que leur Master 1, la Licence en droit de l’Université du Caire, qui leur confère le titre d’avocat en Egypte.
Nos étudiants sont donc formés de la même manière que les étudiants parisiens et c’est cette méthode d’enseignement et d’approche des disciplines juridiques qu’ils viennent en réalité chercher à l’IDAI.
L’attractivité de l’IDAI dépasse d’ailleurs le simple cadre de l’Egypte puisque nous accueillons de nombreux étudiants d’Afrique francophone (environ 15 % de nos effectifs) voire des étudiants français qu’une expatriation en Egypte attire, sans avoir à sacrifier la poursuite de leurs études universitaires.
La très haute qualité de la formation délivrée se traduit par le fait que les diplômés de l’IDAI occupent des fonctions clés du monde juridique et judiciaire en Egypte. En 25 ans d’existence, l’IDAI a su s’imposer comme un acteur majeur de la formation des juristes Egyptiens.

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Dernière modification : 07/12/2014

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