Monsieur Ahmed Aguiba est consul honoraire de France depuis 1979, et conseiller spécial de la marine nationale française pour le canal de Suez depuis 2006. C’est à ce double titre qu’il a été fait, par SE M. l’Ambassadeur Jean Félix-Paganon, officier de l’Ordre National du Mérite, ce 19 novembre 2009.

1/ Qu’est-ce qui fut à l’origine de vos fonctions de consul honoraire de France à Port-Saïd ?
A la réouverture du canal de Suez en juin 1975 (après sa fermeture en 1967), j’étais le directeur local de la seule compagnie française WORMS, M. Jean-Paul Girard en était le représentant. Il y avait des visites périodiques du Consul de France au Caire et de l’Attaché de Défense, notamment lors des transits des bâtiments de la Marine Nationale. Au vu de notre activité, liée au canal, et en tant que représentant des Armateurs, il était tout à fait normal d’accorder notre assistance aux navires de la Marine nationale. M. Girard a été nommé consul honoraire en 1976 et, après son départ fin 1978, je lui ai succédé comme Consul honoraire.
2/ Quels sont les moments forts que vous gardez en mémoire après ces années passées au service de nos ressortissants et des bâtiments de notre marine nationale ?
Il y en a beaucoup. Je citerais parmi eux :
Ma rencontre avec l’ancien leader palestinien, Yasser Arafat, quand ce dernier a quitté le Liban en 1982 et s’est alors rendu par bateau à Port-Saïd. Avec l’attaché naval de l’époque, nous avons été chargés de le saluer dés son arrivée au nom de notre Président de la République. Comme l’attaché naval était en tenue, Y. Arafat s’est tout de suite dirigé vers lui en débarquant… Dans la foule d’officiels et de journalistes, nous avons été les premiers à le saluer au quai de la SCA (Suez Canal Authority). Et il nous a demandé de « transmettre ses vifs remerciements au Président de la République, à la Marine Nationale et au Gouvernement Français ».
Le détournement de l’ACHILLE LAURO en 1985
Il y avait à bord sept de nos ressortissants. Le paquebot est resté en zone de mouillage à Port-Saïd environ 24 heures. Alors sans nouvelles de nos ressortissants, j’ai pu contacter le commandant du navire par VHF. Il m’a mis en ligne avec l’un des ressortissants français se trouvant à bord, et j’ai pu le rassurer, transmettre un message à nos ressortissants, et recueillir des éléments sur ce qui se passait à bord et sur la santé de nos Français. Ainsi, le lendemain , le Vice-Consul a pu se rendre à bord pour faciliter le débarquement des ressortissants français et de les acheminer au Caire.
Le dernier transit du porte-avion CLEMENCEAU
De multiples contacts, jour et nuit, de France, d’Europe, et avec les médias. Des nuits blanches passées avec l’ancien et l’actuel attaché naval… !!!
