Politique étrangère

Le retour de l’Egypte sur la scène régionale et internationale est une des priorités du président Al Sissi, après cinq années de bouleversements internes qui ont contraint l’Egypte à un certain retrait sur le plan international.

Si l’Egypte ne participe pas directement à la coalition contre Daech, elle fait de la lutte contre le terrorisme un axe majeur de sa politique étrangère. L’Egypte est, à cet égard, préoccupée de la situation en Libye. A la suite de l’assassinat de 21 coptes égyptiens en Libye le 15 février 2015, l’Egypte a répliqué en frappant à deux reprises des positions de Daech à Derna et en saisissant le Conseil de sécurité.

L’Egypte a également joué un rôle essentiel dans le dossier israélo-palestinien ces derniers mois, en obtenant notamment un cessez-le-feu qui a mis fin au conflit à Gaza en août 2014. Elle a organisé, le 12 octobre 2014 au Caire, une conférence internationale pour la Palestine et la reconstruction de Gaza.

L’Egypte participe également à la coalition régionale au Yémen et se montre active dans la crise syrienne (organisation à deux reprises de réunions des mouvements d’opposition au Caire, les 22-23 janvier 2015 et le 8 juin 2015 ; participation au groupe international de soutien pour la Syrie - GISS).

L’Egypte cherche, par ailleurs, à renforcer son rôle sur la scène africaine. Elle a réintégré en juin 2014 les institutions de l’Union africaine, desquelles elle avait été suspendue après la destitution de Mohamed Morsi en juillet 2013. L’Egypte est également préoccupée par la construction en Ethiopie d’un grand barrage sur le Nil (« Barrage de la Renaissance ») qu’elle juge susceptible d’avoir un impact sur le débit du fleuve. Une série de rencontres bilatérales et trilatérales, avec le Soudan, ont permis d’apaiser les tensions ces derniers mois.

L’Egypte bénéficie, par ailleurs, d’un soutien politique et économique important de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït, qui lui ont accordé plusieurs dizaines de milliards d’aide financière depuis juillet 2013 ; ils ont également participé à l’organisation de la conférence économique de Charm el-Cheikh (13-15 mai 2015). A l’inverse, les relations avec la Turquie restent tendues, en raison notamment des critiques des autorités turques sur les conditions dans lesquelles le président Morsi a été destitué ; l’ambassadeur turc au Caire a été déclaré persona non grata en novembre 2013. Les relations avec le Qatar se sont apaisées mais restent difficiles.

Les relations avec les Etats-Unis restent marquées par les critiques des autorités américaines sur la situation des droits de l’Homme en Egypte ; l’aide militaire américaine à l’Egypte a cependant presque intégralement repris. Le président Sissi a par ailleurs effectué une série de visites bilatérales en Europe au cours des derniers mois (Rome et Paris en novembre 2014, Madrid en mai 2015, Berlin en juin 2015 et Londres en novembre 2015).

Les relations avec la Russie se sont renforcées ces derniers mois, ouvrant des perspectives de coopération en matière économique et militaire.

L’Egypte a été élue au Conseil de sécurité des Nations Unies, en tant que membre non permanent, pour le biennium 2016-2017.

Dernière modification : 21/06/2016

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