Interview de Sarah ben Néfissa, représentante de l’IRD [ar]

1/ Quand avez-vous été nommée à la tête de l’IRD au Caire ?

JPEGPermettez-moi, tout d’abord, de me présenter : je m’appelle Sarah Ben Néfissa, je suis chercheur à l’IRD-UMR 201. Je suis titulaire d’un doctorat en droit public de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et d’une habilitation à diriger des recherches dans le domaine des sciences politiques. Je me suis spécialisée sur l’Égypte et le Monde arabe. Mes travaux de recherche portent sur la société civile, les mouvements sociaux, les protestations dans le monde arabe, les partis politiques, les élections et, plus récemment, la transition égyptienne. J’ai publié plusieurs articles et ouvrages en Français, mais aussi en arabe. J’ai co-dirigé le numéro de la Revue Tiers Monde consacré au monde arabe : « Protestations sociales, révolutions civiles » publié en 2012. Il a été également traduit en langue arabe et publié par le Centre des Etudes Historiques et Sociologiques d’al Ahram au Caire.
Je suis en affectation en Égypte depuis octobre 2012 où j’ai exercé en parallèle à mon activité de recherche la mission de représentant de l’IRD par intérim. Depuis le début du mois de septembre, j’ai été nommée représentante de l’IRD en Égypte. Notre représentation a compétence aussi sur le Liban, la Jordanie, la Syrie et la Libye mais la représentation est située en Egypte à cause du poids politique et économique, mais aussi scientifique de l’Égypte.

2/ Ce n’est pas votre première expérience en Égypte. Pouvez-vous nous parler de vos précédents séjours de chercheuse ici ?

JPEGEn effet, c’est ma troisième affectation en Égypte. Pendant les deux précédentes affectations, j’ai été accueillie au Centre Politiques et Stratégiques d’Al Ahram, au CEDEJ et au Centre des Etudes Historiques et Sociologiques d’al Ahram. Actuellement je collabore avec le Centre d’Etudes et de Recherches des pays en voie de développement de la Faculté de sciences économiques et politiques de l’université du Caire.

3/ Quels sont les champs d’intervention de l’IRD en Égypte ?

L’IRD est un EPST (Établissement public à caractère scientifique et technologique) dont l’objectif est l’aide au développement des pays du sud à travers des activités de formation, recherche et innovation. La volonté de l’IRD est de renforcer son partenariat avec les pays de la façade orientale de la Méditerranée. Cette volonté est plus que jamais justifiée par les récentes évolutions que connait le monde arabe. Nous espérons qu’à partir de l’Égypte et avec nos partenaires égyptiens, monter des programmes scientifiques à dimension régionale, en direction du Moyen-Orient et de l’Afrique et profiter au maximum des grands fonds internationaux tels que le nouveau programme-cadre de la commission européenne, Horizon 2020.

4/ Quels sont les projets futurs de l’IRD en coopération avec les autorités égyptiennes ?

Notre partenaire principal en Égypte est le STDF du Ministère de la Recherche égyptien (Science & Technology Development Fund) qui est l’instance nationale chargée de définir la politique scientifique et technologique dans la République arabe d’Égypte. Depuis 2010, en collaboration avec le STDF, l’IRD a mis en place un fonds commun pour soutenir, de manière compétitive, les équipes scientifiques franco-égyptiennes dans les domaines prioritaires pour les développements de l’Égypte. On s’apprête actuellement à lancer notre 4e AAP conjoint. Cet appel sera entièrement dédié au domaine de l’Énergie renouvelable et les technologies vertes. Ce sujet préoccupe beaucoup les autorités égyptiennes. En collaboration avec leurs confrères égyptiens, les scientifiques français peuvent être d’un très grand apport.
Parallèlement, l’IRD mène des expertises scientifiques commanditées par les autorités égyptiennes intéressées par des appuis à la décision. La dernière en date a été l’expertise sur la réforme de la gestion du système judiciaire réalisée en 2012 pour le compte de la Cour de cassation égyptienne. L’IRD a reçu dernièrement la commande des autorités égyptienne pour la réalisation d’une expertise sur la gestion de l’innovation scientifique en Égypte. Par ailleurs, l’IRD coordonne le programme Européen « Sheraca+ » (7e PCRD) en coopération avec le RDI du ministère de la Recherche égyptienne (Research, Development & Innovation program). Ce programme vise à mieux insérer la recherche scientifique égyptienne dans l’espace européen de la recherche. Dans le cadre de ce programme, l’IRD se donne comme objectif le renforcement de la coopération scientifique égyptienne avec l’UE et les pays européens.

Dernière modification : 30/09/2014

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