Interview de Bernard Rougier, directeur du CEDEJ [ar]

Bernard Rougier est spécialiste du Moyen-Orient arabe. Auteur, entre autres, de deux ouvrages – "Le Jihad au quotidien" (PUF, 2004, trad. Harvard University Press 2007), et "L’Oumma en fragments" (PUF 2011) –, il a dirigé "Qu’est-ce que le salafisme ?" (PUF 2008). Depuis 2011, il est directeur du CEDEJ et revient aujourd’hui sur l’institution qu’il dirige depuis quelques années, ses différentes missions ainsi que son actualité.

1- Pourriez-vous présentez le CEDEJ ?

JPEG Le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (CEDEJ) est un institut de recherche pluridisciplinaire, dont les travaux portent sur l’Égypte et le Soudan contemporains, dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales (sciences politiques, droit, économie, géographie…). Il a été créé par l’accord de coopération franco-égyptien de 1968, et il est l’héritier d’une institution plus ancienne, l’École française de Droit du Caire, qui avait été fondée en 1890 et fermée en 1956.
En tant qu’Institut français de recherche à l’étranger (IFRE), le CEDEJ est placé sous la tutelle du ministère français des Affaires étrangères et du Développement International (MAEDI) et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), dont il constitue une Unité de service et de recherche (USR 3123).
Depuis mon arrivée en 2011, nous avons mené un effort de reconstruction du centre de recherche, rendue nécessaire par le déménagement de l’année 2011. Le site internet a notamment été totalement reconfiguré, de même que la mise en place des programmes scientifiques. Un blog a également vu le jour.

2- Comment définiriez-vous brièvement la vocation, les missions du CEDEJ ? PNG

Le CEDEJ répond à une triple vocation. Tout d’abord, il s’agit de produire de la connaissance sur l’Egypte contemporaine, pour mieux la comprendre et saisir les logiques qui l’animent. Ensuite, le CEDEJ a également vocation à contribuer à l’effort de formation à travers l’organisation de séminaires, l’accueil régulier de stagiaires ou l’intervention de certains d’entre nous au sein d’universités - l’Université Française d’Egypte (UFE), l’Université du Caire ou encore l’Université Aïn Shams. Enfin, le CEDEJ participe à toute une série d’initiatives de coopération scientifique et les différents pôles du CEDEJ travaillent régulièrement avec des chercheurs ou des bailleurs de fond partenaires. Un exemple concret de réussite scientifique est notamment le projet d’archivage de coupures de presse qui a été mené avec la Bibliothèque d’Alexandrie. Ce projet conjoint visait la documentation et la numérisation des journaux nationaux égyptiens publiés de 1976 à 2000 qui ont été ainsi non seulement numérisés mais également traités pour permettre aux utilisateurs de retrouver tous les articles qui les intéressent par l’utilisation d’un système de mots-clefs dans la base numérique. Le 10 novembre prochain est prévue la présentation officielle des résultats. Ce travail de documentation répond d’ailleurs à l’une des premières vocations du CEDEJ - qui est autant un centre de documentation qu’un centre d’études - qui vise à proposer des outils et des éléments d’information sur la société égyptienne.

3- Quelle est l’actualité du CEDEJ pour les mois à venir ?

La principale actualité du CEDEJ est la publication d’un ouvrage collectif intitulé L’Égypte en Révolution(s) et qui constitue un panorama des trois années écoulées (2011 - 2013) [1], auquel ont participé une quinzaine de chercheurs. Tous les chercheurs du CEDEJ ont ainsi pu exposer leurs différents travaux de recherche - y compris d’anciens chercheurs ou des chercheurs associés au centre. Nous avons aussi tenté autant que possible de promouvoir de jeunes talents égyptiens - notamment Amr Adly ou encore Ahmed Zaghloul. Ainsi, l’ouvrage évoque des sujets aussi divers que l’échec de l’expérience Morsi, l’analyse des dernières échéances électorales, la situation des coptes, le monde syndical égyptien ou encore l’urbanisation. Cette étude a vocation à combler un « manque », car il n’y a eu aucune publication majeure en sciences sociales sur l’Egypte au cours des trois dernières années. L’ouvrage sera publié en langue anglaise au cours du mois de février et une édition en langue arabe est également en gestation.
Par ailleurs, deux numéros de la revue du CEDEJ Egypte/ Monde arabe sont prévus pour les mois à venir : le premier s’intéressera à la problématique des médias et de la Révolution, le second aux questions de genre en Egypte.

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[1B. Rougier et S. Lacroix (dir.), L’Égypte en Révolution(s), Paris-Le Caire : PUF-CEDEJ.

Dernière modification : 24/11/2014

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