France-Egypte : Une coopération qui va se développer davantage [ar]

(Extraits)

(Paris, 02/09/2014)

Propos de Laurent Fabius

-* Coopération bilatérale :

Mesdames et Messieurs,

Merci d’être là. Avant que mon collègue et ami, Sameh Choukri, se rende à l’Élysée pour avoir un entretien avec le président de la République, je souhaitais partager ici avec vous, avec lui, quelques mots.

Nous avons eu la possibilité de nous entretenir depuis la fin de la matinée, puis de déjeuner ensemble. À l’instant, nous recevions une vingtaine de chefs d’entreprise pour faire un tour d’horizon des relations entre l’Égypte et la France et je dois dire que ce tour d’horizon est extrêmement positif.

L’Égypte sait que la France est attachée à l’amitié historique qui nous lie. Nous entretenons un partenariat étroit et continu dans de très nombreux domaines. Ce partenariat a vocation à se renforcer encore.

(…)

Nous avons parlé des relations bilatérales, notamment sur le plan économique avec le secrétaire d’État, M. Thévenoud, et avec une vingtaine d’entreprises françaises que nous avions invitées. Il y a beaucoup de domaines où la coopération existe ou peut se développer, qui vont de l’agroalimentaire au transport en passant par toute une série de réalisations technologiques et toute une série de domaines de coopération. Quand je vois la liste des questions qui ont été posées à mon collègue et ami et les réponses qu’il a apportées, je suis sûr que notre coopération va se développer encore. Y compris d’ailleurs - le ministre de la défense français sera bientôt au Caire - dans des domaines qui touchent à la sécurité.

Sur le plan général, j’ai rappelé le soutien de la France à la transition en Égypte qui doit permettre des institutions pleinement démocratiques et civiles, garantissant l’État de droit et les libertés.

Bref, c’est une visite extrêmement utile - agréable j’espère de ton côté, agréable du nôtre - et qui laisse augurer d’une coopération très étroite entre ces deux peuples amis que sont le peuple égyptien et le peuple français.

Nous aurons l’occasion de nous revoir à de multiples reprises dans les temps qui viennent, notamment au début de l’année prochaine, puisqu’il y a, ce projet de grande conférence de portée économique au Caire et, plus près de nous, un projet que nous avons en commun, avec nos amis égyptiens, nos amis norvégiens et d’autres pour aider à la reconstruction à Gaza, où nos amis égyptiens sont extrêmement actifs et où la France, bien sûr, va les accompagner.

Donc, très grande bienvenue. Mon seul regret est que tu nous quittes pour Rome dans quelques dizaines de minutes mais ce sera une occasion pour transmettre à la nouvelle Haute représentante - que j’aurai d’ailleurs au téléphone entretemps - toute notre amitié. Grande bienvenue au représentant de l’Égypte ! (…)

-* Israël - Territoires palestiniens :

Nous avons, bien sûr, longuement évoqué les questions régionales de sécurité. Nous avons parlé de Gaza et d’Israël et je veux souligner à quel point la médiation égyptienne a été et est effective, puisque c’est grâce en particulier à l’Égypte qu’un cessez-le-feu a pu être obtenu. Tout au long de la crise, nous avons entretenu une coopération très étroite : j’avais eu l’occasion d’être reçu au Caire par le président Sissi et par le ministre des affaires étrangères. Nous continuons à travailler pour que les parties s’accordent sur un contenu et un cadre durables de résolution. La France soutient tout à fait les efforts de l’Égypte en ce sens.

(…)

Q - Par rapport à la réunion sur Gaza au Caire, où vous situez-vous dans cette préparation ?

R - En ce qui concerne la conférence du Caire, nous avons suivi cela ensemble, à la fois avec nos amis égyptiens et nos amis norvégiens, puisqu’il y a une tradition suivant laquelle les Français sont associés, voire à l’initiative des conférences de reconstruction.

Je dois dire que nos amis égyptiens et nos amis norvégiens nous ont consultés à chaque étape sur les dates et les contenus. Nous nous associerons bien sûr à cette conférence dont il reviendra à nos amis de fixer la date, mais nous serons à côté des Égyptiens et des Norvégiens.

Q - Que peut apporter la France ?

R - La France possède cette caractéristique de parler de façon étroite à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens. La France peut donc apporter des solutions concrètes, sur le plan économique, et des idées. Nous avons été à l’origine de conférences précédentes touchant les Palestiniens et nous voulons l’être aussi cette fois-ci. (…)

-* Irak :

(…)

Nous avons également abordé la situation en Irak. Il faut mettre un coup d’arrêt à la capacité offensive de ce que nos amis arabes appellent « Daech » et à sa volonté destructrice. Nous considérons, les uns comme les autres, que la clef est d’abord politique : il faut qu’il y ait un gouvernement inclusif en Irak. Et, d’autre part, il y a toute une série d’actions à mener par rapport à ce groupe terroriste ; nous sommes en contact étroit, là aussi, dans les démarches qui sont entreprises.

(…)

Q - Par rapport au sommet en préparation sur l’Irak, qu’y a-t-il de nouveau ?

R - Le président de la République française, constatant la situation en Irak et la nécessité de lutter contre « Daech », a proposé l’idée d’une conférence internationale après s’en être entretenu avec le nouveau président irakien.

Les modalités doivent être arrêtées ces jours-ci. Le président français devait s’entretenir au téléphone - ce matin ou cet après-midi - avec son homologue irakien. L’objet de la conférence sera à la fois de soutenir un gouvernement inclusif en Irak, qui est une nécessité, et d’autre part de voir les voies et moyens d’assurer la sécurité par rapport à la menace considérable que représente « Daech ». La date exacte doit être fixée prochainement et c’est un des objets de l’échange téléphonique qui doit intervenir ou qui est peut-être intervenu ce matin. En tout cas les choses avancent.
(…)

-* Libye :

"Ce qu’il convient de faire, et mon homologue égyptien vient de le rappeler, c’est de soutenir à la fois l’Assemblée légitime et le gouvernement qui en émane, l’aider pour avoir les moyens de rétablir l’ordre, lutter contre les groupes terroristes et s’adresser à la population pour la détacher des tentations extrémistes. Tout cela se fait par le biais d’une série d’initiatives. L’autre jour il y avait une réunion de pays voisins de la Libye et, dans quelques jours, nous nous retrouvons à nouveau, en Espagne, dans le cadre du 5+5, élargi à quelques pays limitrophes."./.

Dernière modification : 13/10/2014

Haut de page