Feuille de route pour la relation franco-égyptienne [ar]

La relation bilatérale entre la France et l’Egypte s’inscrit dans l’histoire longue, qui a cimenté entre les deux peuples une amitié profonde. Sur cette base, les deux pays entendent établir un partenariat fort et durable, respectueux de l’indépendance et de la souveraineté de chacune des parties. A cette fin, la France et l’Egypte souhaitent, au cours des années à venir, approfondir leur coopération dans tous les domaines d’intérêt commun.

1/. Dialogue bilatéral sur les questions régionales

La France et l’Egypte souhaitent consolider leur dialogue bilatéral sur les questions internationales et régionales :

- Face à la recrudescence des violences en Israël et dans les Territoires palestiniens, la France et l’Egypte soulignent l’urgente nécessité de relancer les négociations de paix en vue d’aboutir à la création d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, dans les frontières de 1967 vivant en paix et en sécurité au côté d’Israël. Elles rappellent leur attachement à l’initiative arabe de paix et soulignent la nécessité d’un accompagnement international renforcé pour appuyer les négociations.

- La France et l’Egypte sont déterminées à soutenir la mobilisation internationale pour lutter contre les organisations terroristes qui menacent la sécurité régionale et mondiale. En Irak, elles appellent à soutenir les autorités irakiennes dans leur programme de rassemblement national et dans leur lutte contre le groupe terroriste Daech. Seule une politique inclusive, prenant en compte l’ensemble des composantes de la société irakienne, permettra de restaurer la stabilité et de redresser durablement le pays. Les deux présidents ont rappelé leur soutien à l’action militaire à laquelle participe la France depuis le 19 septembre et qui vise à réduire Daech et à soutenir les forces armées irakiennes, lesquelles luttent quotidiennement, avec courage, contre l’ennemi terroriste en Irak. Les deux pays expriment leur solidarité avec le peuple irakien dans cette épreuve et appellent la communauté internationale à appuyer les efforts des autorités irakiennes en faveur des réfugiés et déplacés.

- La France et l’Egypte sont profondément inquiètes de l’escalade de la violence en Syrie, de la montée en puissance de Daech et des souffrances continues du peuple syrien. Seule une transition politique, fondée sur la pleine mise en œuvre du communiqué de Genève du 30 juin 2012, permettra de mettre un terme à la crise. La France et l’Egypte s’accordent sur la nécessité de préserver les institutions de l’Etat syrien, qui ne doivent pas être confondues avec le régime, dans le cadre de la nécessaire et urgente transition. Les deux pays expriment à cet égard leur soutien aux efforts entrepris par M. Staffan de Mistura, Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, en vue de relancer le processus politique.

- La France et l’Egypte confirment leur attachement à l’intégrité territoriale et à l’unité de la Libye. Elles partagent une grande préoccupation à l’égard de l’aggravation de la situation politique et sécuritaire, qui entraîne le développement de la menace terroriste. Il est indispensable qu’un dialogue inclusif soit lancé rapidement entre les acteurs qui renoncent à la violence ; la solution à la crise libyenne ne peut être que politique. C’est le sens de l’initiative des pays voisins de la Libye. La France et l’Egypte appellent la Chambre des Représentants, le gouvernement qu’elle a investi, ainsi que l’ensemble des acteurs politiques libyens à prendre leurs responsabilités et à s’engager dans la voie du dialogue sous l’égide des Nations Unies, qui seule permettra de préserver l’intégrité du pays, de l’Etat libyen et de ses institutions. Dans cette perspective, les deux pays rappellent leur plein soutien à la médiation menée par le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et marquent l’importance de la concertation entre ce dernier et les pays voisins de la Libye.

- La France et l’Egypte souhaitent renforcer leur dialogue et leur coopération sur les questions relatives au Sahel et à l’Afrique subsaharienne. La France salue les efforts égyptiens visant à prendre une part active pour la paix et la sécurité du continent, aussi bien au sein de l’Union africaine qu’à travers les opérations de maintien de la paix des Nations Unies déployées sur le continent, en particulier au Mali.

- La France et l’Egypte sont déterminées à lutter, dans le respect des droits de l’Homme, contre la violence terroriste qui vise à ébranler les sociétés des pays des deux rives de la Méditerranée. Les deux pays ont, à cet égard, décidé de renforcer leur coopération dans ce domaine, en particulier en matière d’échange de renseignements et de formations.

- Des consultations seront organisées régulièrement sur tous les sujets d’intérêt commun, entre les deux ministères des Affaires étrangères (Ministres ou secrétaire général du MAEDI/ministre adjoint concerné).

2/. Dialogue bilatéral sur les dossiers multilatéraux

- La France et l’Egypte s’engagent à soutenir l’action de la Francophonie notamment en matière de gestion des crises et de règlements des conflits, qui contribue à faire d’elle un acteur majeur et influent au plan international.

- La France et l’Egypte reconnaissent l’importance stratégique de la coopération euro-méditerranéenne pour les pays des deux rives. Elles soutiennent pleinement les efforts du Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée, Fathallah Sijilmassi, visant à faire de l’UpM une véritable « agence de projets », capable de mettre en œuvre des projets structurants, notamment en matière d’emploi et de mobilité des jeunes, d’énergies renouvelables et de facilitation des investissements, afin de contribuer à la croissance et au développement social des pays concernés.

- La France et l’Egypte s’engagent à mobiliser leurs partenaires en vue d’un accord universel et ambitieux pour lutter efficacement contre les dérèglements climatiques, en 2015 à Paris, à l’occasion de la 21ème Conférence des Parties(COP21).

3/. Dialogue politique bilatéral

- La France salue les avancées importantes dans la mise en œuvre des grandes étapes de transition en Egypte fixées par la Feuille de route du 8 juillet 2013. La France est prête à apporter son soutien à l’Egypte dans la mise en œuvre de cette transition, dont la finalité est l’instauration d’institutions démocratiques et civiles garantissant l’Etat de droit et les libertés publiques, conformément aux dispositions de la Constitution adoptée en janvier 2014 par le peuple égyptien.

- La France et l’Egypte s’accordent sur l’importance de poursuivre le dialogue politique à haut niveau, au travers notamment de visites bilatérales régulières.

4/. Coopération économique

- La France et l’Egypte font le constat que leurs relations économiques n’ont pas été, ces dernières années, aussi denses que leurs relations bilatérales. Les deux Etats souhaitent approfondir leur partenariat économique, centré sur les secteurs prioritaires et articulé autour de projets concrets au bénéfice de la population égyptienne.

- Ce partenariat a d’abord vocation à se déployer dans le secteur des transports où les entreprises françaises ont une réelle expertise à mettre au service des populations égyptiennes. En particulier, le métro du Caire, projet phare de la coopération bilatérale depuis les années 1980, bénéficie d’un soutien financier sans précédent sans cesse réaffirmé.

- Au-delà des nombreux projets énergétiques cruciaux en cours, les deux pays soulignent l’importance de l’usage pacifique et responsable de l’énergie nucléaire, ainsi que les possibilités de coopération bilatérale dans ce domaine.

- La France peut prendre part aux grands projets lancés par l’Egypte, en particulier celui de développement du Canal de Suez, dans la perspective de la Conférence économique pour l’Egypte, dont le succès attendu marquera un cap dans la relance économique et sociale du pays.

- La France et l’Egypte sont attachées à décliner leur coopération en projets concrets au bénéfice de la population égyptienne pour créer des emplois et favoriser la formation et l’innovation. A cet égard, l’Agence française de Développement a prêté à l’Egypte un milliard d’euros (dont 796 millions d’euros à l’Etat égyptien) pour accompagner différents projets. La mise en œuvre de ces projets sera accélérée pour tenir compte des besoins de développement importants du pays.

- La France et l’Egypte sont disposées à travailler ensemble sur des projets d’intérêt commun en Egypte, notamment sous forme de coopération incluant des pays tiers. Dans ce contexte, les deux pays accueillent favorablement les propositions des Emirats arabes unis à cet égard. Chaque partie nommera un représentant pour faire avancer ces projets. Des réunions trilatérales seront organisées pour accélérer la mise en œuvre de ces coopérations.

5/. Coopération militaire

- La France et l’Egypte souhaitent renforcer la coopération entre les deux pays en matière militaire, en poursuivant ensemble des projets communs tant dans les domaines maritime, que aérien et terrestre.

6/. Coopération culturelle, scientifique et en matière d’éducation

- La France et l’Egypte sont attachées à approfondir la coopération bilatérale dans les domaines culturel, scientifique, administrative et technique. Elles sont prêtes à renforcer leur coopération en matière de lutte contre les trafics illicites de biens culturels, dans une logique d’échange entre professionnels autour de la formation technique et de l’appui institutionnel.

- Cette coopération a également vocation à s’approfondir dans le domaine éducatif et universitaire, afin notamment de renforcer la formation doctorale.

- La France et l’Egypte s’engagent également à réexaminer le statut de l’Université française d’Egypte afin de donner un nouvel élan à ce symbole de leur coopération.

- La France et l’Egypte saluent l’action de l’Université Senghor d’Alexandrie, opérateur de la Francophonie, qui contribue à l’élaboration et la mise en œuvre de formations universitaires en faveur du développement en Afrique.

- La France et l’Egypte travailleront à l’organisation de grandes manifestations culturelles communes dans les deux pays, afin de mettre en valeur la profondeur de leurs relations culturelles historiques.

7/. Coopération décentralisée

La France et l’Egypte souhaitent également appuyer les initiatives de coopération décentralisée, notamment dans le domaine du développement économique, du tourisme, de la culture et du patrimoine.

Dernière modification : 28/11/2014

Haut de page