Déjeuner des chefs d’État à New York sur le futur accord de Paris

Conclusions ambitieuses suite au "déjeuner informel" d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement en marge du Sommet sur le climat et de la 70e assemblée générale onusienne.

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Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement ont été conviés dimanche 27 septembre à « un déjeuner informel » par le secrétaire des Nations unies, Ban Ki Moon, le président de la République, François Hollande, et le président péruvien Ollanta Humala Tasso.

En marge du Sommet sur le climat et de la 70e assemblée générale onusienne, ce repas a permis d’aborder les actions que les États sont prêts à mener en matière de financement, d’accès aux énergies renouvelables et de transfert de technologies vers les pays en voie de développement, à deux mois de la COP21. La question de l’agriculture et celle des déchets et du gaspillage ont été également abordés.

Les coprésidents ont fait part des conclusions de ce déjeuner informel. Ils ont d’abord tenu à préciser que cette rencontre "n’était pas une négociation ou une manière de se substituer aux négociations qui se déroulent sous l’égide des Nations unies", mais une occasion pour les chefs d’État de "parvenir à une politique commune sur les implications à long terme d’un nouvel accord sur le climat". Les chefs d’État et de gouvernement ont discuté de la manière de parvenir à un accord qui permette de limiter le réchauffement de la planète en-dessous de 2°C. Ils ont convenu qu’ils allaient donner des orientations claires à leur ministre et négociateurs. Il a également été admis que l’accord devait renforcer la résilience aux impacts climatiques, notamment pour les pays les plus vulnérables.

À la fin du déjeuner, Ban Ki Moon a tenu une conférence de presse pour réaffirmer la détermination commune à « parvenir à un accord durable et significatif sur la lutte contre les changements climatiques qui soit applicable à tous ». Il a ajouté que les dirigeants ont montré un large soutien à ce que « l’accord de Paris donnera un coup d’accélérateur aux investissements vers une économie bas carbone avant la fin du siècle ». Le Secrétaire des Nations unies a précisé que les participants avaient trouvé entre eux « trois points de convergence » qui doivent « se traduire par des actes concrets ». Tout d’abord, a-t-il dit, l’« accord de Paris devra présenter pour le long terme la vision globale d’un monde débarrassé de la pauvreté grâce aux possibilités créées par la transition vers un avenir caractérisé par des émissions de gaz à effet de serre réduites et une meilleure résilience face à l’évolution du climat ». Un tel accord et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté vendredi, devront s’appuyer l’un sur l’autre", a-t-il précisé. Deuxièmement, cet accord de Paris devra « constituer un tournant » et signifier clairement aux citoyens et au secteur privé que la transformation de l’économie mondiale est non seulement « inévitable et bénéfique » mais qu’elle « est déjà en cours ». Les participants, a-t-il souligné, se sont dits en faveur d’un accord durable qui permette d’accélérer les investissements dans les formes d’énergie propres et de stimuler une transformation de l’économie bien avant la fin du siècle en un modèle à basses émissions de carbone, compatible avec l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en-deça de 2°C. Un consensus est également apparu sur la nécessité de renforcer la résilience face aux impacts des changements climatiques, avec un accent mis sur les plus pauvres et les plus vulnérables, ainsi que sur la mise en place d’un processus de suivi afin de renforcer les engagements nationaux. Troisièmement, « des actes concrets, collectifs et immédiats sont nécessaires pour faire de cette vision à long terme une réalité ».

De son côté, François Hollande a redit que « tout le monde est convaincu qu’il aura un accord à Paris. La question est de savoir quel accord. Il ne s’agit pas seulement de signer un texte, mais que ce texte nous engage pour les prochaines décennies, qu’il concerne tous les pays avec une pondération juridique, et que, tous les cinq ans, nous puissions évaluer ce qui a été fait. » Et d’ajouter : « L’ambition est-elle réaliste ? La réponse est qu’il reste encore beaucoup à faire ». « Il y a sans aucun doute une volonté", s’est-il félicité, tout en relevant qu’à ce jour, 81 pays seulement sur les 193 membres de l’ONU avaient soumis leur contribution en vue de la Conférence de Paris. Il a appelé les pays qui ne l’ont pas encore fait à soumettre leur contribution sans tarder.

Pour sa part, le Président péruvien, Ollanta Humala, qui sera l’hôte en octobre à Lima d’une réunion de ministres des finances sur le climat, a fait part de l’obligation de parvenir à un accord : « Nous devons décarboniser notre planète. L’humanité a l’occasion de former la plus grande coalition jamais constituée, une coalition pour sauver notre planète ».

Dernière modification : 01/10/2015

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